SERTRALINEDernière mise à jour : 2025.11.12 |
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| Synonyme: | |||||||||
| Administration: | voie orale | ||||||||
| Classe(s): | |||||||||
| Préconception | 0-3 | 4-6 | 7-9 | Périnatal | Allaitement | |
|---|---|---|---|---|---|---|
| (oui) III | (oui) II | (oui) II | (oui) II | (oui) II | (oui) II | |
| aucune info | aucune info | aucune info | ||||
Les données publiées relatives aux femmes enceintes n'indiquent pas de toxicité foetale avec malformations ni de toxicité néonatale.
D'une part, il reste des controverses relatives aux effets de classe et à une augmentation relativement faible de l´incidence des anomalies par rapport à une population non-exposée.
D'autre part, le non-traitement d'une dépression pendant la grossesse entraîne des risques importants aussi bien pour la mère que pour l'enfant.
Un traitement par sertraline n'est pas une contre-indication à l'allaitement.
Un effet sur la fécondité humaine n’a pas été observé jusqu’à présent.
Les données animales n’ont pas montré un effet de la sertraline sur les paramètres de fertilité [RCP Serlain 12 2023].
Aucune étude bien contrôlée n’a été effectuée chez la femme enceinte. Cependant, les nombreuses données disponibles n'ont pas démontré d'induction de malformations congénitales par la sertraline [RCP Serlain 12 2023].
Ces données sont confirmées par le LAREB : l'utilisation de la sertraline est très répandue. Plus de 30 000 grossesses avec exposition au cours du premier trimestre ont été décrites [LAREB 11 2025]. Ces données proviennent de Einarson et al. [3] et Einarson [4], publications dans lesquelles les auteurs mentionnent des études observationnelles portant respectivement sur 928 et plus de 30 000 grossesses par rapport à des témoins, et concluent qu'il n'y a pas d'augmentation de l'incidence des anomalies dues aux ISRS.
Les ISRS en général :
* Chambers et al. [1] ne montrent aucune tandis que Jiminez-Solem et al. [2] montrent une relation positive entre l´administration d´ISRS et des malformations cardiaques congénitales (e.a. des arythmies ventriculaires). Puisque les différences observées restent minimales, les auteurs plaident de ne pas considérer une grossesse comme contre-indication.
* D´après une seule étude [5], il en résultait une fréquence plus élevée de malformations du tube neural. Toutefois, aucune information relative à son degré de sévérité n´a été spécifiée.
Chez l´animal:Les études animales ont mis en évidence des effets sur la reproduction, probablement dus à la toxicité maternelle liée à l'action pharmacodynamique du produit et/ou à l'effet pharmacodynamique direct du produit sur le fœtus [RCP Serlain 12 2023].
Deuxième trimestre:Les femmes enceintes doivent être informées d'une éventuelle diminution de l'effet de la sertraline. Soyez attentif à l'augmentation des symptômes, une diminution de la réponse pouvant notamment survenir au cours des 2e et 3e trimestres en raison d'une dégradation accrue pendant la grossesse. Dans ce cas, un ajustement de la posologie doit être envisagé.
Si le traitement a été commencé avant la grossesse
Maintenez la posologie d'avant la grossesse. En cas d'aggravation des symptômes, une augmentation de la posologie doit être envisagée. Les mêmes étapes que pour les adultes non enceintes peuvent être suivies. Les posologies supérieures à 150 mg ne doivent être prescrites qu'après mûre réflexion et en concertation avec la patiente.
En cas de nouvelle utilisation
Suivez les directives relatives à la dose initiale et à l'ajustement posologique comme pour les patientes non enceintes. En cas d'aggravation des symptômes, une augmentation de la dose doit être envisagée. Les mêmes étapes que pour les adultes non enceintes peuvent être suivies. Les doses supérieures à 150 mg ne doivent être prescrites qu'après mûre réflexion et en concertation avec la patiente [LAREB 10 2025].
Quelques informations générales supplémentaires sur les ISRS :
Plusieurs publications décrivent l'apparition d'une hypertension pulmonaire persistante chez le nouveau-né (HPPN) lors de l'utilisation d'ISRS en fin de grossesse. D'autres études ne confirment pas cette association. L'enfant doit donc être surveillé cliniquement pendant au moins les 12 premières heures après la naissance afin de détecter tout signe de PPHN, tel qu'une coloration bleue et des problèmes respiratoires [LAREB 11 2025].
Selon le RCP, le risque observé est d'environ 5 cas pour 1 000 grossesses. Dans la population générale, on observe 1 à 2 cas de PPHN pour 1 000 grossesses [RCP Serlain 12 2023]. Selon certains auteurs, les avantages du traitement l'emportent sur les risques potentiels [6]. D'autres voix s'élèvent pour demander de tenir compte de l'influence que la dépression elle-même peut avoir sur le développement du fœtus [7].
Chez l´animal:Aucune donnée spécifique disponible.
Troisième trimestre :L'utilisation prolongée d'ISRS jusqu'à l'accouchement peut entraîner des symptômes de sevrage ou d'intoxication chez le nouveau-né, tels que nervosité, hypertonie, tremblements, respiration irrégulière, difficulté à téter et pleurs intenses. Ces symptômes apparaissent généralement au cours des premiers jours suivant la naissance. Les symptômes sont généralement légers, transitoires et dépendants de la dose [LAREB 11 2025]. Selon les informations fournies par Briggs, ces complications disparaissent dans les deux semaines [Briggs].
Chez l´animal:Aucune donnée spécifique disponible.
Période périnatale (toujours tenir compte des données relatives au trimestre en cours) :Voir troisième trimestre.
Les données observationnelles indiquent un risque accru (moins de facteur 2) d'hémorragie post-partum après une exposition aux ISRS/IRSN au cours du mois précédant l'accouchement [RCP Serlain 12 2023].
Recommandations posologiques post-partum
La prudence est de mise lors de la réduction posologique post-partum de la sertraline en raison du risque de rechute dépressive [LAREB 11 2025].
NDLR : lors du suivi de la symptomatologie, il convient également de tenir compte de la dépression postnatale.
Chez l´animal:Aucune donnée spécifique disponible.
Observance:Des symptômes de sevrage peuvent apparaître chez le nouveau-né dans les premiers jours suivant la naissance (voir troisième trimestre) [LAREB 11 2025].
Suarez et al [8] ont examiné le risque de troubles du développement neurologique dans une étude de cohorte utilisant deux bases de données pour comparer 145 702 enfants de femmes enceintes traitées aux antidépresseurs avec 3 032 745 enfants de femmes enceintes non traitées. Les troubles neurodéveloppementaux sont ici considérés ensemble, y compris l'autisme, le TDAH, les difficultés d'apprentissage, les troubles de la parole et du langage, les problèmes de coordination, la déficience intellectuelle et les troubles du comportement. Les auteurs recommandent de surveiller les enfants après une exposition in utero pendant la deuxième moitié de la grossesse. Les données ont été recueillies jusqu'à un maximum de 14 ans après la naissance [8].
[NDLR] Les résultats doivent être relativisés en raison du critère d'évaluation composé d'un grand nombre de troubles du développement neurologique, ce qui ne rend pas les conclusions suffisamment spécifiques. L'étude ne permet pas de situer les risques pour les substances individuelles, en raison du nombre trop faible de patients.
[NDLR] Comme mentionné précédemment, il est recommandé de traiter la dépression, y compris pendant la grossesse, et d'utiliser des médicaments si nécessaire.
Chez l´animal:Aucune donnée spécifique disponible.
L2
Les données de la littérature concernant les concentrations de sertraline dans le lait maternel montrent que de faibles quantités de sertraline et de son métabolite, la N-desméthylsertraline, sont excrétées dans le lait [RCP Serlain 12 2023]. Chez près de 170 enfants allaités, les concentrations plasmatiques de sertraline et de son métabolite la desméthylsertraline sont le plus souvent indétectables ou faibles exceptées un nourrisson avec un taux d'environ 50% des taux sériques maternels (toutefois sans effet visible sur la santé de l'enfant). La quantité de sertraline absorbée par le nourrisson via le lait maternel est comprise entre 0,2 et 2 %. A ce jour, parmi plus de 260 enfants allaités de mère sous sertraline, aucun événement particulier n’est retenu à ce jour [RCP Serlain 12 2023][LE CRAT 11 2025].
Ces données sont confirmées dans LactMed. LactMed indique que plusieurs sources privilégient la sertraline comme ISRS pendant l'allaitement. Il est toutefois signalé que l'allaitement est plus difficile lorsque des ISRS sont pris, mais cela peut également être lié à l'état pathologique de la patiente [LactMed 10 2025].
Chez l´animal:Aucune donnée spécifique disponible.
| Préconception | Grossesse | Allaitement | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| check II | (oui) III | |||||
| aucune info | aucune info | ← Préservatif / Abstinence | ||||
Une influence réversible sur la qualité du sperme est possible (concentration, motilité et morphologie des spermatozoïdes).
Des études chez l’animal montrent un risque de diminution de la fertilité masculine.
Les rapports de cas chez l’homme avec certains ISRS ont montré qu’un effet sur la qualité du sperme est réversible [RCP Serlain 12 2023].
En cas de problèmes de fertilité lors de la prise de sertraline, il est recommandé de surveiller la qualité du sperme et d'arrêter la prise d'ISRS si possible [Anonymus 2024].
NDLR : il n'y a pas de données sur la durée des effets indésirables après l'arrêt du traitement.
Chez l´animal:Aucune donnée spécifique disponible.
Aucune donnée spécifique concernant le passage via le sperme n'est disponible.
Chez l´animal:Aucune donnée spécifique disponible.
[Le crat] : CRAT - Centre de référence sur les agents tératogènes chez la femme enceinte (le-crat.fr) https://www.lecrat.fr
[LactMed] : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK501191
Aucune donnée spécifique disponible.
Aucune donnée spécifique disponible.